Ça disjoncte : que faire quand il n’y a plus de courant
Baissez tous les petits interrupteurs de votre tableau électrique, relevez le gros appareil en tête, puis relevez les petits un par un. Celui qui fait tout retomber alimente le circuit en défaut : laissez-le en bas, débranchez ce qui est branché dessus, et faites venir un électricien.
Si rien n’est retombé sur le tableau et que vos voisins sont aussi dans le noir, la panne vient du réseau. C’est Enedis qu’on appelle, au 09 72 67 50 suivi des deux chiffres de votre département — 31 pour la Haute-Garonne. L’appel n’est pas surtaxé et le service répond 24 h/24, 7 j/7.
Une réserve avant tout le reste : odeur de brûlé, trace noire, capot manquant sur le compteur ou le disjoncteur, câble à terre. Dans ces cas-là, on ne manipule rien, on appelle.
Les cas où l’on ne touche pas au tableau
Enedis publie une liste courte de situations devant lesquelles il faut s’arrêter net : « câble électrique à terre, coffret cassé, odeur de brûlé / trace de noir, compteur ou disjoncteur sans capot ». La consigne qui suit ne laisse pas de place à l’interprétation : « Ne touchez à rien ! » (Enedis, les bons gestes en cas de coupure).
Trois autres signes appellent la même prudence : un appareil du tableau chaud au toucher, un grésillement ou un claquement qui se répète, et de l’eau qui approche d’une prise ou du tableau lui-même.
Deux gestes sont à écarter quoi qu’il arrive. Ne retirez jamais le capot d’un tableau ou d’un compteur pour regarder à l’intérieur. Et ne remplacez jamais une protection qui saute par une plus forte : son calibre est choisi pour la section du câble qu’il protège, en poser une plus grosse revient à laisser chauffer le fil sans plus rien pour l’arrêter.
Le seul matériel vraiment utile en attendant tient en deux objets : une lampe de poche plutôt qu’une bougie, et un téléphone chargé.
Trouver le circuit en défaut, dans l’ordre
La manœuvre tient en quatre étapes, et c’est celle que décrit Enedis dans sa fiche sur l’identification d’une panne électrique.
- Baissez tous les petits disjoncteurs alignés sur le tableau, ainsi que les modules plus larges s’il y en a.
- Relevez l’appareil général, celui qui est seul en tête, le plus souvent à côté du compteur.
- S’il tient, relevez les autres un par un, en marquant une pause entre chacun.
- Celui qui fait tout retomber alimente le circuit en défaut. Laissez-le baissé : le reste du logement reste alimenté.
Débranchez ensuite tout ce qui se trouve sur ce circuit — lave-linge, sèche-linge, chauffe-eau, congélateur, rallonges — puis relevez la protection. Si elle tient, rebranchez appareil par appareil : celui qui la fait sauter est en cause, et le laisser débranché suffit à passer la nuit.
Deux situations arrêtent la manœuvre. Si l’appareil général ne tient pas alors que tout le reste est baissé, le défaut est en amont de votre tableau et Enedis demande qu’on appelle son service de dépannage. Si c’est le circuit lui-même qui est fautif, et non un appareil branché dessus, il faut un électricien à Toulouse, pas un réarmement de plus.
Ne relancez pas cinq fois de suite un appareil qui retombe aussitôt. Chaque tentative renvoie du courant dans un défaut que vous n’avez pas encore identifié.
Disjoncteur général, différentiel, divisionnaire : qui protège quoi
Un tableau électrique aligne trois familles d’appareils qui ne font pas le même métier, et savoir lequel est tombé oriente déjà le diagnostic.
Le mot le moins connu est le plus important. Un interrupteur différentiel compare le courant qui part dans vos circuits et celui qui revient. Si 30 milliampères manquent à l’appel, parce qu’ils s’échappent vers la terre par un appareil humide, une résistance percée ou une personne qui touche un conducteur, il coupe en quelques centièmes de seconde. Il protège les personnes ; un disjoncteur ordinaire protège d’abord le câble.
| Ce que vous voyez sur le tableau | Son nom | Ce qu’il protège | Ce qui le fait sauter |
|---|---|---|---|
| Un appareil seul en tête, souvent près du compteur | Disjoncteur de branchement, ou appareil général de commande et de protection | Toute l’installation | Dépassement de la puissance souscrite, défaut général |
| Un ou plusieurs modules larges, avec un bouton de test | Interrupteur différentiel 30 mA | Les personnes | Une fuite de courant vers la terre |
| Les petits modules alignés, un par circuit | Disjoncteur divisionnaire | Les câbles d’un circuit | Surcharge ou court-circuit sur ce circuit |
Sur une installation posée selon la norme NF C 15-100, un tableau porte au moins deux différentiels 30 mA, huit circuits au maximum sous chacun, et les prises comme l’éclairage sont répartis entre eux. Les circuits de la plaque de cuisson, du lave-linge et d’une borne de recharge exigent un différentiel de type A. Les dispositifs à réarmement automatique, eux, sont interdits dans l’habitation.
Ces exigences visent le neuf et la rénovation totale, pas une installation ancienne conservée en l’état : ce point est détaillé dans notre article sur le prix d’une rénovation électrique.
Surcharge, court-circuit ou fuite à la terre : lire le symptôme
Trois causes expliquent l’immense majorité des déclenchements, et la façon dont le courant est tombé suffit souvent à les séparer.
La surcharge. Trop d’appareils sur le même circuit, ou un appareil trop gourmand pour lui. Le disjoncteur divisionnaire de ce circuit tombe, souvent après quelques minutes de fonctionnement et non à l’instant du branchement. La correction est de répartir les usages sur deux circuits, pas de monter le calibre.
Le court-circuit. Deux conducteurs se touchent. Le déclenchement est immédiat, parfois accompagné d’un claquement sec. Une rallonge écrasée par un meuble, une douille fêlée, un appareil en fin de vie : le circuit restera hors service tant que le défaut est là.
La fuite à la terre. Du courant part où il ne devrait pas. C’est le différentiel qui tombe, et comme il couvre plusieurs circuits, c’est la moitié du logement qui s’éteint d’un coup. Chauffe-eau dont la résistance est percée, lave-linge, four, éclairage extérieur après une pluie : ce sont les suspects habituels.
Notez l’heure et ce qui tournait à ce moment-là avant d’appeler. Un déclenchement qui revient chaque nuit vers deux heures oriente vers le chauffe-eau, qui se met en route en heures creuses — et cette seule phrase fait gagner une demi-heure au professionnel.
Enedis, fournisseur ou électricien : qui fait quoi, et qui vous facture
La frontière est physique, et elle passe au disjoncteur en tête de votre installation. Enedis l’écrit sans détour : « Seul Enedis est habilité à réaliser ces interventions techniques sur les ouvrages électriques reliant votre installation au réseau public de distribution d’électricité », tandis que « pour tous vos besoins de modification de l’installation électrique à l’intérieur de votre logement ou local, votre demande est à adresser à votre électricien » (Enedis, modifier son installation électrique).
Le même repère sert ailleurs : le diagnostic imposé à la vente et à la location porte, selon service-public.gouv.fr, sur l’installation « en aval de l’appareil général de commande et de protection », jusqu’aux socles des prises de courant. C’est exactement la ligne de partage.
| Ce qui est en cause | Qui appeler |
|---|---|
| Ligne, poste de quartier, branchement jusqu’au compteur | Enedis, 09 72 67 50 + les deux chiffres du département |
| Compteur, disjoncteur de branchement, coffret extérieur | Enedis |
| Tableau de répartition, différentiels, circuits, prises | Un électricien |
| Aucun contrat souscrit, ou facture impayée | Votre fournisseur d’électricité |
| Puissance souscrite trop faible pour vos usages | Votre fournisseur d’électricité |
Les deux dernières lignes sont celles qui évitent un déplacement facturé pour rien. L’autodiagnostic d’Enedis s’ouvre d’ailleurs sur cette question : « avez-vous bien souscrit un contrat avec un fournisseur d’électricité ? Êtes-vous à jour de vos factures ? ». Une coupure pour impayé ne se règle ni avec Enedis ni avec un électricien.
La puissance appelle le même réflexe. Si le courant ne saute que lorsque le four, la plaque et le lave-linge tournent ensemble, ce n’est pas une panne, c’est le contrat. Enedis rappelle qu’« une modification de puissance engendre une modification de votre contrat » : la demande part du fournisseur, qui sollicite le distributeur si des travaux se révèlent nécessaires.
Quand la coupure dure : précautions et dédommagement
Trois consignes valent pour une coupure longue, et elles viennent d’Enedis. N’ouvrez pas le réfrigérateur ni le congélateur sans nécessité. N’utilisez jamais à l’intérieur un appareil au gaz ou au charbon de bois, réchaud de camping compris : ils produisent du monoxyde de carbone, un gaz toxique, inodore et incolore. Et ne laissez aucune bougie allumée sans surveillance.
Le dédommagement, lui, est automatique. Lorsque la coupure est imputable au réseau public et dépasse cinq heures, Enedis verse 2 € HT par kVA de puissance souscrite et par tranche de cinq heures consécutives, dans la limite de huit jours et huit heures. Sur un abonnement de 9 kVA, cela fait 18 € HT par tranche. La somme est versée à votre fournisseur, qui la reporte sur une facture.
Ce mécanisme relève du TURPE, le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, et il est précisé par la délibération 2021-13 de la Commission de régulation de l’énergie du 21 janvier 2021. Aucune démarche n’est à faire pour l’obtenir.
Le matériel endommagé suit un autre chemin : une réclamation en ligne, avec la date et l’heure de l’incident, la nature des dommages, la liste des appareils, leurs factures d’achat et les devis de réparation.
Une fois le courant revenu, reste la cause. Si le défaut tient au circuit et non à un appareil, le chiffrage se fait poste par poste, comme l’explique notre article sur le prix d’une rénovation électrique. Si vous achetez ou mettez en location, le diagnostic électrique obligatoire dira où en est l’installation sur ses six points de sécurité. Et si de l’eau est entrée dans l’histoire, les gestes en cas de fuite d’eau commencent eux aussi par une coupure. Pour préparer l’appel, notre guide sur la façon de décrire votre besoin à un artisan liste ce qu’un électricien a besoin d’entendre en premier.
Questions fréquentes
- Que faire quand le disjoncteur saute et ne se remet pas ?
- Baissez d’abord tous les petits disjoncteurs du tableau, puis relevez l’appareil général en tête. S’il tient, relevez les petits un par un : celui qui fait tout retomber alimente le circuit en défaut, laissez-le en bas et faites venir un électricien. S’il ne tient toujours pas alors que tout le reste est baissé, Enedis indique d’appeler son service de dépannage, au 09 72 67 50 suivi des deux chiffres de votre département.
- Comment savoir si la panne vient de chez moi ou du réseau ?
- Regardez deux choses : l’état de votre tableau, et les fenêtres de vos voisins. Si aucun appareil du tableau n’est retombé et que les voisins sont aussi dans le noir, la panne est sur le réseau public et relève d’Enedis. Si vous êtes seul concerné et qu’un appareil du tableau est en position basse, le défaut se situe chez vous, en aval du disjoncteur en tête.
- Quel numéro appeler en cas de coupure de courant ?
- Le service de dépannage d’Enedis répond 24 h/24 et 7 j/7 au 09 72 67 50 suivi des deux chiffres de votre département, soit 09 72 67 50 31 en Haute-Garonne. L’appel n’est pas surtaxé. Ce numéro traite les pannes du réseau public : un défaut situé à l’intérieur du logement relève d’un électricien, et une facture impayée de votre fournisseur d’électricité.
- Qu’est-ce qu’un différentiel et pourquoi saute-t-il ?
- Un interrupteur différentiel compare le courant qui part dans vos circuits et celui qui revient. Si 30 milliampères s’échappent vers la terre, par un appareil humide, une résistance percée ou une personne qui touche un conducteur, il coupe en quelques centièmes de seconde. Il protège les personnes, là où un disjoncteur ordinaire protège surtout le câble. C’est lui qui tombe quand un chauffe-eau ou un lave-linge prend l’eau, et il emporte plusieurs circuits d’un coup.
- Pourquoi le courant coupe-t-il quand j’allume plusieurs appareils ?
- C’est presque toujours un dépassement de la puissance souscrite, pas une panne. Four, plaque, lave-linge et chauffe-eau en même temps peuvent dépasser ce que votre contrat autorise, et l’appareil général coupe. Enedis précise qu’une modification de puissance est d’abord une modification de contrat : la demande passe par votre fournisseur d’électricité, qui sollicite Enedis si des travaux se révèlent nécessaires.
- Puis-je remplacer moi-même un disjoncteur qui saute sans arrêt ?
- Ne le faites pas. Un disjoncteur est calibré pour la section du câble qu’il protège : en poser un plus fort laisse passer un courant que le fil ne supporte pas et déplace le risque vers l’échauffement. Un appareil qui saute signale un défaut à chercher, pas une protection à neutraliser. La norme NF C 15-100 interdit d’ailleurs les dispositifs à réarmement automatique dans l’habitation.
- Suis-je dédommagé si la coupure dure plusieurs heures ?
- Oui, lorsque la coupure est imputable au réseau public géré par Enedis et qu’elle dépasse cinq heures. Enedis verse alors 2 € HT par kVA de puissance souscrite et par tranche de cinq heures consécutives, dans la limite de huit jours et huit heures. La somme part automatiquement vers votre fournisseur, qui la reporte sur une facture : aucune démarche de votre part.
- Que faire si je sens une odeur de brûlé près du tableau ?
- N’y touchez pas. Enedis range l’odeur de brûlé et les traces noires parmi les situations où il ne faut manipuler ni le compteur ni le disjoncteur, au même titre qu’un câble à terre ou qu’un capot manquant. Appelez le service de dépannage au 09 72 67 50 suivi de votre département si le point chaud est au compteur, un électricien s’il est sur votre tableau de répartition ou dans une pièce.